Des scientifiques identifient la réponse immunitaire derrière l’inflammation cardiaque liée au vaccin à ARNm

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Des chercheurs de l’Université de Stanford ont identifié une réaction immunitaire spécifique en deux étapes qui explique pourquoi les vaccins à ARNm contre la COVID-19, bien qu’extrêmement sûrs et efficaces, peuvent parfois déclencher une inflammation cardiaque (myocardite) chez un petit nombre de receveurs. Les résultats, publiés dans Science Translational Medicine, mettent en lumière les mécanismes sous-jacents, ouvrant potentiellement la voie à des stratégies visant à atténuer cet effet secondaire rare mais documenté.

La cascade immunitaire en deux étapes

L’étude révèle que la vaccination active d’abord les macrophages, un type de cellule immunitaire, qui libèrent ensuite la molécule de signalisation CXCL10. Ceci, à son tour, stimule les cellules T à produire un autre signal inflammatoire, l’IFN-gamma. Ensemble, ces deux cytokines provoquent une inflammation qui peut endommager les cellules du muscle cardiaque et exacerber d’autres réponses inflammatoires. Ce processus explique les niveaux élevés de troponine cardiaque souvent observés chez les personnes affectées – un marqueur clair de lésion du muscle cardiaque.

Le risque reste faible : environ un sur 140 000 après la première dose et un sur 32 000 après la seconde. Les taux sont les plus élevés chez les jeunes hommes (un sur 16 750) mais, point crucial, la grande majorité des cas se résolvent rapidement sans dommages durables.

Pourquoi c’est important : au-delà du COVID-19

Cette découverte est importante non seulement pour comprendre la myocardite associée au vaccin, mais également pour des implications plus larges dans la technologie de l’ARNm. Les vaccins à ARNm représentent un progrès majeur en médecine en raison de leurs capacités de développement rapide, de leur adaptabilité aux virus en évolution et de leur potentiel de ciblage de divers agents pathogènes. Cependant, cette étude confirme que même des interventions médicales très efficaces peuvent avoir des conséquences inattendues.

Les chercheurs soulignent que l’infection au COVID-19 elle-même comporte un risque bien plus élevé de myocardite (dix fois plus élevé) ainsi que de nombreuses autres complications graves. Néanmoins, comprendre les mécanismes exacts permet des interventions ciblées.

Principales conclusions : du laboratoire à la clinique

L’équipe de Stanford a utilisé une combinaison de techniques de laboratoire avancées, notamment des modèles de cellules humaines et des études sur des souris, pour démêler la cascade immunitaire.

  • CXCL10 et IFN-gamma sont essentiels : Ces deux cytokines étaient systématiquement élevées chez les individus vaccinés ayant développé une myocardite.
  • Les macrophages déclenchent la réponse : Les macrophages libèrent du CXCL10 après exposition au vaccin, déclenchant ainsi la cascade.
  • Les lymphocytes T amplifient l’inflammation : Les lymphocytes T répondent à CXCL10 en produisant de l’IFN-gamma, augmentant ainsi la réaction inflammatoire.
  • Le blocage des cytokines réduit les dommages : L’inhibition de CXCL10 et de l’IFN-gamma a réduit de manière significative l’inflammation cardiaque dans les modèles animaux et les simulations de tissus cardiaques humains.

Une solution potentielle : la génistéine

Fait intéressant, les chercheurs ont découvert que la génistéine, un composé dérivé du soja, offrait une protection contre les lésions cardiaques. Le prétraitement des cellules et des souris avec de la génistéine a réduit l’inflammation causée à la fois par la vaccination par ARNm et par l’exposition directe à CXCL10 et à l’IFN-gamma. L’étude suggère que ce composé alimentaire pourrait contrer la réponse inflammatoire, bien que des recherches supplémentaires soient nécessaires pour déterminer le dosage et l’efficacité optimaux.

Regarder vers l’avenir

Les résultats suggèrent qu’une signalisation accrue des cytokines pourrait être une caractéristique commune des vaccins à ARNm, car la réponse immunitaire de l’organisme au matériel génétique étranger implique intrinsèquement une inflammation. Bien que le risque de myocardite reste faible, cette étude souligne l’importance d’une surveillance et d’un perfectionnement continus des technologies de vaccins à ARNm. Les chercheurs pensent également que cette compréhension pourrait s’étendre à d’autres thérapies basées sur l’ARNm, garantissant à la fois efficacité et sécurité.

“Votre corps a besoin de ces cytokines pour repousser les virus. Elles sont essentielles à la réponse immunitaire mais peuvent devenir toxiques en grande quantité”, explique le Dr Joseph Wu, auteur principal de l’étude. Il s’agit d’un équilibre crucial, et des recherches ultérieures se concentreront sur l’affinement de cette réponse.

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