Pour ceux qui vivent en dehors du nord-est de l’Ohio, l’expression « vinaigrette blanche à la française » ne signifie peut-être pas grand-chose. Mais à Akron, dans l’Ohio, c’est plus qu’un condiment : c’est une obsession locale, une identité culinaire et une source de fierté civique. Cette vinaigrette crémeuse à base de mayonnaise est tellement ancrée dans la culture culinaire de la ville que l’équipe de baseball des Akron RubberDucks a même été rebaptisée « Akron White French » pour un seul match l’année dernière – une blague qui a profondément trouvé un écho auprès des habitants.
Les origines d’un favori régional
L’histoire commence avec Stouffer’s, la chaîne de restaurants autrefois omniprésente qui a été la pionnière d’une vinaigrette française de couleur claire et sans tomates au milieu du 20e siècle. Cependant, cette première version était une vinaigrette stabilisée avec de la fécule de maïs – pas la vinaigrette riche et mayonnaise que les Akronites connaissent aujourd’hui. L’itération moderne du White French a pris forme dans les années 1990 au restaurant Foley’s, plus tard Ken Stewart’s, sous la direction du chef Charles Schaeffer. Harry Foley aurait remis la recette, et bien que d’innombrables tentatives aient été faites pour la reproduire, beaucoup affirment qu’aucune n’a tout à fait égalé l’équilibre original entre douceur, acidité, ail et poivre blanc.
Pourquoi Akron ?
La popularité durable de la vinaigrette à Akron n’est pas fortuite. Il s’agit d’un phénomène hyperlocal, rarement observé en dehors du nord-est de l’Ohio. Le chef Vinnie Cimino du restaurant Cordelia de Cleveland, originaire d’Akron, note ce lien étroit : « Nous avons beaucoup de gens d’Akron qui viennent à Cleveland, et ils sont tellement excités de voir du White French au menu. » Le dressing représente un sentiment d’appartenance, un goût de chez soi pour ceux qui ont grandi avec.
Prises modernes et ingrédients secrets
Le français blanc d’aujourd’hui n’est pas statique. Des chefs comme Cimino rehaussent la recette avec des ingrédients de première qualité : des oignons confits pour plus de douceur, de l’ail biologique provenant de fermes locales, de la mayonnaise Duke’s pour l’éclat et même une touche de moutarde Bertman Ball Park pour la profondeur. La clé, selon Cimino, est la qualité et le temps, permettant aux saveurs de se fondre pendant la nuit.
“C’est la meilleure putain de vinaigrette qui soit”, dit Cimino. « Cela commence avec les meilleurs produits dont nous disposons… Les nôtres contiennent également un peu de moutarde Bertman Ball Park. »
La recette exacte reste un secret bien gardé, certains chefs refusant de divulguer tous les ingrédients. Pourtant, l’essentiel demeure : mayonnaise, sucre, vinaigre, oignons, ail, poivre blanc et une touche de quelque chose en plus qui distingue chaque version.
En conclusion, la vinaigrette blanche française d’Akron témoigne de la puissance de la cuisine régionale. C’est une histoire d’adaptation, de fierté locale et de l’attrait durable d’une saveur crémeuse, piquante et unique de l’Ohio.
